Historique

La fondation de la Revue de Qumrân résulte de l’immense intérêt suscité par les manuscrits de la mer Morte et de la prolifération d’articles scientifiques dispersés dans de multiples revues. Comme le lecteur intéressé ne peut se procurer toutes ces publications, la nouvelle Revue de Qumrân fondée en 1958 par l’Abbé Jean Carmignac a voulu rassembler une partie de ces nouvelles recherches et pallier en partie ces inconvénients.

Selon le programme de son fondateur (Revue de Qumrân I (1958) :3-6), la Revue se veut internationale et accepte des articles rédigés dans les langues principales : allemand, anglais, espagnol, français, italien, latin. Elle se veut neutre comme une libre tribune ouverte à tous à condition que les contributions relèvent du domaine scientifique en laissant à chaque collaborateur l’entière responsabilité de ses articles et de la correction de ses épreuves. Elle veut assurer une publication rapide pour que les savants profitent de la recherche dans les plus brefs délais tout en gardant la liberté de parution en s’adaptant au rythme des travaux. Enfin elle se veut aussi pratique que possible avec recensions, index, tables et bibliographies. Les Éditions Letouzey et Ané (Paris) s’engageaient à garantir la rapidité de fabrication. Mais en définitive la Revue sera ce que les collaborateurs en feront.

Ayant paru à un rythme assez soutenu d’abord, elle connut quelques difficultés ensuite, aussi le Directeur de la Revue s’est-il vu contraint de procéder à des modifications. La Revue a changé d’éditeur en 1976, en passant aux Éditions Gabalda (Paris), changement qui a été la première décision du nouveau directeur-adjoint, Émile Puech, qu’elle s’était donné en vue d’assurer la relève. En effet, depuis sa création Jean Carmignac assurait à lui seul la direction et le secrétariat avec un dévouement et une abnégation exemplaires. Mis à part de temps à autre la publication de quelques fragments nouveaux, la Revue se limitait en général à la présentation d’études diverses sur des sujets qumraniens fort variés. Avec le fascicule 46, le fondateur passa la main à une relève constituée d’un nouveau Directeur, Émile Puech, d’un secrétaire de rédaction, Florentino García Martínez, et d’un nouveau comité de rédaction européen. La nouvelle équipe a essayé de donner une nouvelle impulsion à la Revue et de favoriser au maximum la publication d’inédits tout en gardant un rythme semestriel. La Revue se concentre sur les manuscrits du Désert de Juda et laisse à des revues sœurs le soin de publier les études concernant des textes divers du judaïsme contemporain, comme les Pseudépigraphes.

Elle a certes publié un volume Mémorial en l’honneur de son fondateur (vol. XIII 1988) et un autre en l’honneur d’un des membres du comité de rédaction, éditeur d’un lot de manuscrits de la grotte 4, Jean Starcky, (vol. XV 1991). Avec le vol. XVII (1996) elle honore le membre le plus éminent parmi les éditeurs des manuscrits de la mer Morte de la première génération et lui-même membre du comité de rédaction, Jósef T. Milik auquel ses collègues éditeurs ont volontiers voulu rendre hommage à l’occasion de ses 75 ans.

La Revue a mis et met un point d’honneur à tenir les engagements de sa charte de fondation, et à assurer un service à la science et aux savants tel un creuset pour les échanges et les discussions. À ses débuts elle a fourni les premiers éléments de concordance de textes hébreux (1QM) et araméens (1QApGn), les suppléments à la Konkordanz zu den Qumran Texten de K. G. Kuhn et les corrections indispensables à l’édition princeps de J. M. Allegro par J. Strugnell. Elle a assuré la publication de fragments et d’inscriptions de la région, des études linguistiques et thématiques, des rapports avec l’histoire, le Nouveau Testament, l’archéologie de cette région. Régulièrement elle donnait une bibliographie fournie des parutions touchant aux études qumraniennes, ce qu’elle veut continuer à faire différemment.

Depuis quelques années est née une nouvelle revue, Dead Sea Discoveries, qui en principe ne veut pas interférer avec ce programme ou concurrencer sa sœur aînée, désirant se concentrer sur des études des manuscrits et leur contexte mais en s’adressant à un public plus large tout en se limitant à la langue anglaise. La Revue de Qumrân se veut et reste au service de tous pour le plus grand bénéfice de la science et des lecteurs.

Émile Puech, Encyclopedia of the Dead Sea Scrolls (ed. L. Schiffman and J. VanderKam; Oxford: Oxford University Press, 2000)

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